Ironforge et sa chaleur, ses éclats de voix, ses va et viens, j’ai beaucoup de mal à me lever aujourd’hui. Mon bras ne va pas mieux, il est enflé, rouge et chaud. J’irai voir un druide expérimenté pour me donner de meilleur soin. Mae Paledust a fait venir un émissaire pour voir comment j’allais. J’imagine qu’elle a eu peur que je lui vole le livre que j’avais emprunté. Autour de moi, juste quelques livres, des armes, un lit dans lequel j’ai froid, il est trempé. J’ai la tête qui tourne, je tremble. Je peux à peine me mettre debout, mes jambes sont si faibles. Je retombe sur le lit. La douleur de mon bras est insupportable. Il est lourd. Je voudrais bien lire un peu mais je ne pense qu’à cette douleur. Elle est là, m’assaille, rien d’autre ne compte, elle est ma première et ma seule pensée. Je ne peux faire un mouvement sans ressentir ce poignard qui me parcourt, qui s’insinue dans mes nerfs, dans mes veines, sillonne tout mon corps pour se planter dans mon cerveau. Je suis fatiguée, sans force et pourtant j’enrage à l’idée de ne rien pouvoir faire. Je me force à me lever….
….
J’ai mal au bras, je vais vomir… Je suis à terre, je ne vois plus, tout tourne, c’est embrumé autour de moi. C’est la fin. Adieu Bili, mon a….
…..
….
J’ouvre difficilement les yeux, Je me sens lourde. Je suis toujours seule, il n’y a que les bruits de la ville, de coup sur la forge. Je suis dans le lit. Mon bras ne me fait plus aussi mal. J’ai un simple bandage qui sent les herbes, ma main n’est plus gonflée et je peux la bouger. Mon bras, malgré mon appréhension, bouge bien sans douleur, sans gonflement, ni rougeur. Je m’assieds aussitôt. Une bonne odeur de jambon, de pain chaud envahi mes narines. J’ai faim. Je monte au second sans difficulté. Comme si je n’avais rien eu ! Sur la table rustique se trouve un bon repas, je le dévore en explorant le reste des choses qui s’y trouvent. La pile de livres c’est un peu agrandie, depuis mes recherches à la bibliothèque, une lettre. Dans le coin toutes mes affaires, mes sacs, mon bâton, rien n’a bougé. Je finis d’engloutir ce succulent repas. Je trouve le parfum de ces fruits savoureux. Je débarrasse la table et j’entreprends d’ouvrir cette lettre. C’est un sceau qui m’est inconnu, le papier est fait de feuilles de chêne, ça en a l’odeur et la texture. Elles s’entremêlent pour former un morceau long et plat sur lequel sont écrits en elfique quelques mots. Je ne lis que peu l’elfique, je n’ai jamais appris. Bili ne m’a enseigné que l’humain, le nain et le gnome. Enfin… les bases. Je décide de parcourir un des livres qui ont été amenés. Il y a de magnifiques représentations de la guerre, des batailles et autres destructions. Je l’abandonne pour me plonger dans la lecture difficile des différentes créatures de nos terres. J’ai déjà vu quelques spécimens durant mes quêtes mais il y en a de toutes sortes que je n’aurais même pas pu imaginer. Mae Paledrest, la bibliothécaire, m’a fourni de petits parchemins, une plume et de l’encre. Bili m’avait montré comment s’en servir, heureusement ! Je dessinais tous les animaux que je pensais découvrir au fur et à mesure de mes voyages, surtout ceux qui me paraissaient insolites. Les ogres, les mort-vivants, les monstruosités, les girafes, les hippogriffes et autres… L’émissaire de madame Paledrest me surprit alors que je mettais une petite légende sur mon premier dessin. Il parlait brusquement et très peu, comme la première fois. Sa voix trahissait la surprise mais aussi de l’animosité.
« Déjà sur pieds ? Madame la bibliothécaire m’envoie surveiller votre état. 5jours que je dois venir vous voir deux fois par jours depuis que je vous ai trouvé à terre et que cet elfe est venu vous donner ses potions. »
« Cinq jours vous dites ? »
« Il est tant de vous secouer elfe ! »
Il repartit aussitôt. 5jours que j’étais là. C’est donc un elfe qui m’a soigné, cette lettre… Je descendis, enfila mes bottes et ma veste et allai voir la bibliothécaire. Elle était en grande discussion avec des gnomes. J’attendis patiemment tout en regardant ces livres. Un en particulier m’attira, sa reliure me rappelait quelque chose. Cette feuille, ces ailes entremêlées aux branches…
« Bonjour la belle !
« Oh ! Bonjour Madame !
"Je vois que vous vous portez mieux ! Cet elfe a fait des merveilles sur votre bras et votre fièvre. Vous n’êtes pas passée loin de la fin.
« Cet elfe qui est-il ?
« Il s’est présenté au bon moment, il vous cherchait mais je le soupçonne de ne jamais vous avoir vu.
« Il m’a remis cette lettre je crois mais je ne sais pas lire.
« J’avais remarqué, votre vocabulaire est pauvre et vous cherchiez des images. De plus vous n’avez trouvé aucun livre sur ce que vous vouliez alors qu’il suffisait de lire les reliures…
« Pouvez vous me la lire ?
Elle prit ma lettre, se mit à une table et me chuchota..
« Hum ! De l’elfique ancien, une très belle écriture comme j’en ai rarement vu. Cette lettre dit, je connais ton rêve, je fais le même. Suis ton instinct, il ne te trompe pas. Tu es une souche pure et tu as beaucoup de pouvoir en toi. Anavéa m’en a parlé. Rejoins Cénarus ! »
« C’est tout ?
« Oui la belle.
« Je vais vous prendre un autre livre.
« Je vous enverrai quelqu'un pour vous aider à lire. L’elfe m’a dit que je vous garde encore quelques jours pour que ces potions agissent au plus vite, vous devez encore vous reposer. »
C’est vrai que je ne suis pas en très grande forme. Mon livre en main, je décide de visiter cette ville. Ironforge, la merveille des nains. Dans chaque coin des marchands, des fabricants d’armes, des artisans, des maîtres et toutes les races d’Azeroth y sont représentés. J’y vois les démonistes et leur diablotin, leur succube, cette vierge magnifique au cœur démoniaque avec leurs ailes abîmées qui envoûte les mâles, les humains et leur drôle de langage, les nains presque aussi petits que les gnomes mais plus tonitruants… J’atterris au Hall des armées, un bruit assourdissant me fait lever la tête. Un engin ahurissant fait de ferrailles, il fait de la poussière, des trucs tournent, et en un instant plus rien. Devant mon air ahuri, un gnome aux cheveux verts, m’explique que c’est un engin volant, un gyrocoptère, il sert à voyager dans les airs. Mais leur engin n’est pas encore tout à fait au point, ils doivent faire encore des essais avant de pouvoir l’utiliser correctement.
« Comme un hippogriffe en métal ?
« En quelque sorte oui mais celui la c’est nous qui le dirigeons complètement.
« Je reviendrai pour en faire un dessin et l’envoyer à mon ami Bili, il devrait être très étonné.
***Yhlween pense : Bili étonné, ce n’est pas possible, il connaît tout. Et c’est un gnome ! ***
« Tenez elfe !
« ? Mais qu’elle est cet engin ?
« C’est un engin qui emprisonne une partie du temps. Il le capture et en fait une image.
« Ca fait mal ?
« Hihih ! Bien sur que non. Regardez, Vous mettez l’appareil comme ceci devant votre œil et vous regarder là, ensuite vous appuyez là et l’image apparaît. Essayez.
….
« Mais non ! Regarder dans le petit trou derrière l’appareil.
Click ! click ! click! click!
“Rohhhh! Mais non, non. Pas autant de fois. Appuyer quand ce que vous voyer vous convient une seule fois.
« Oh ! D’accord ! Comme ceci alors ?
Clic !
« Voilà !
« Et Bhoutentriin, viens voir par ici, l’engin ne décolle plus…
« Je vous abandonne. »
Il me laissa là avec ce drôle d’engin qui sortait des images de couleurs. Je continuais ma visite. Je pris une bonne tourte aux cerises maison à Sraaz, un délice. Je poursuivis ma visite vers la grande forge, avec ces milliers de litres de métal en fusion qui ne s’arrête jamais de s’écouler. Je visitai aussi leur banque et leur hôtel des ventes ou tout pouvais y être déposer et vendu. Cette ville était immense. Des gnomes fabriquent de drôle d’engin, des feux qui font boum et toutes sortes de machines qui ne sont pas toujours au point. La caverne lugubre, sombre, les bruits de pas y résonnent encore plus, elle laisse présager le pire. J’y rentre quand même car je devais y trouver des infos sur Bayok, ce père ingrat. Tynnuk Venomsprout essaya de me vendre une marchandise douteuse et Fenthwinck me sortit de cette hasardeuse transaction. Il essaya de me renseigner mais il ne savait rien. Gerrig Bonnegrip par ses recherches sur le savoir me rappelle Bili. Ils sont identiques dans leur recherche de tout savoir sur tout. Les démonistes ici présents m’inquiétaient, ils paraissaient parfois être assaillis par je ne sais quel démon qui les possédait et leur faisait dire des incantations surprenantes. Je commençais à être vraiment fatiguée, je devais retourner à ma chambre. J’y rencontrai une démoniste le sergent chef Shivendra de la Garde Royale, une humaine. Vêtue d’un foulard vert, d’une robe noire, d’une cape marron avec des cheveux blonds, elle avait un étrange animal volant. En la questionnant, elle me dit que je pouvais aussi en avoir un à la base du totem sinistre en Féralas, il suffisait que je parle à Moonweaver de sa part. Cet animal est une fée flécheteuse. Etrange !
De retour dans ma chambre, je m’allongeai pour plonger dans un sommeil de plomb. A mon réveil, il y avait toujours autant de bruit et encore une fois une bonne odeur de viande et de pain chaud. Je montai aussitôt pour dévorer mon repas, il me semblait que c’était le matin. Je laissai un petit mot griffonné : Merci. Je continuai ma visite de cette cité. J’avais plus de force et je parcourai le tram des profondeurs, des plates formes qui bougent seules et vous emmènent à Stormwind. J’aidai un gnome à envoûter des rats qui grouillaient ici. Il me donna un sifflet qui les ensorcelait. Parfois j’y arrivais et d’autre fois je tapais un peu fort et je tuais ces pauvres bêtes. Je suivis enfin le tunnel le long du tram. Il passait sous la mer et Madame Paledrest m’avait dit que l’on pouvait la voir. Après une longue marche, sous de grandes vitres, je vis Ness, une immense créature, avec un long cou et de petites pattes robustes. Je pris une image. Je vis aussi un plongeur et une sirène. Ils ne me virent même pas. Je restais la je ne sais combien de temps à contempler ce fond marin et ses animaux. Je fis même une esquisse de ce que j’y vis. Je rentrai étudier mes livres. Le lendemain et les jours suivant Mae Paledrest en personne est venue m’apprendre à lire et écrire un peu mieux. J’avais une facilité à avaler les connaissances. J’appris la guerre, la légion ardente, les autres races, leur clamp. Elle m’aida à me fabriquer un petit recueil des notes que je voulais garder. Elle avait l’air contente de pouvoir transmettre quelque chose. Un matin, à mon réveil, je sus qu’il fallait maintenant continuer ma route.
Cher Bilibok,
Je t’écris de moins en moins car je n’en vois plus l’utilité. Tu me réponds peu et je dois te paraître bien bête. Je suis à Ironforge depuis quelques jours ou j’ai fait la connaissance de la bibliothécaire qui m’a beaucoup instruit. J’y ai appris les créatures, les races qui peuplent notre monde, et aussi, hélas, la guerre et toute la destruction, la tristesse et toutes les conséquences désastreuses sur les vies. Elle m’a aussi appris à écrire un peu mieux. Elle m’a offert trois livres, des copies en fait. Elle m’a aidée à réaliser un petit recueil sur lequel je peux écrire ou dessiner. Ca m’aidera à conserver mon histoire mais aussi à continuer d’apprendre à écrire.
Durant ces jours, j’ai été très malade et un elfe est venu m’aider, me soigner. Je ne l’ai pas vu. Il m’a laissé une lettre que je garde précieusement pour te la montré. Cette écriture à l’air d’être la même que sur tes grimoires perdus. Je crois. Ma blessure et ma fièvre oubliées, je retourne à mes quêtes.
Sais tu que j’ai aussi été initiée à miner et à dépecer ?
Merci pour tes sacs.
Je dis au revoir à la bibliothécaire et je repars.
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